Poser des limites dans sa vie de RH

La semaine dernière, j’ai proposé un petit sondage au groupe Facebook de la Sororité RH, pour savoir dans quel état d’esprit se trouvaient les membres, toutes femmes des RH, en ce moment. A l’écrasante majorité, vous avez répondu « épuisée ». C’est bien le ressenti que j’avais perçu.

La crise et la période de confinement, pour beaucoup de RH, n’a pas du tout été synonyme d’ennui et de repos à la maison. Mais plutôt de gestion de crise, de paies interminables et de multiples revendications et discussions avec des collaborateur.ices affolé.e.s.

Et une fois le temps du déconfinement venu, il a fallu « se remettre au boulot ». Sans penser que les RH elles, n’avaient jamais arrêté. Pas besoin de chercher bien loin pour comprendre d’où vient cet épuisement.

Il est temps de tirer la sonnette d’alarme. Je vois un nombre considérable de professionnelles au bord du burn out, en plein dedans, ou même pire : des RH ayant fait un burn out et reprenant le travail de manière rapide, voire même en ne s’arrêtant pas. J’ai moi-même vu, lors de ma première expérience en RH, ma supérieure déchirer ses arrêts de travail jusqu’à ce que son corps la lâche et qu’elle n’ait plus du tout le choix que de s’arrêter. Mais pourquoi se met-on dans des états pareils pour le travail ?

La crise sanitaire nous a simplement montré une chose : notre système économique fonctionne à flux tendus, et menace de s’effondrer au moindre arrêt. Qu’avons-nous trouvé comme solution ? En faire trois fois plus pour « rattraper ». Mais le temps ne se rattrape pas. Et si le monde avait juste voulu nous montrer qu’une autre voie est possible, pourquoi persévérons-nous dans ce qui nous apportait que de la souffrance au quotidien ?

Mesdames, si vous pensez que la charge va s’affaiblir d’elle-même, si vous vous dites tous les jours « bientôt ce sera plus calme, quand… », Cela n’arrivera pas. Oui, nous aurons probablement une petite accalmie cet été, quand tout le monde pensera aux congés (et encore, cela dépendra des secteurs pour l’accalmie…) Mais dès la rentrée, ce sera reparti. Tant que nous nous voilerons la face ainsi, cela continuera.

Les derniers mois ont été bénéfiques pour la Sororité RH. Femmes RH, étant isolées chez vous, en télétravail bien souvent, vous aviez besoin de lien, et l’esprit de communauté s’est ainsi développé, permettant de nombreux échanges très fructueux et inspirants. Cela vous a fait du bien de vous sentir comprises et d’échanger avec des professionnelles traversant les mêmes pertes de repères. Continuons dans cet esprit bienveillant et utile pour toutes les RH isolées, tant en terme de réponses à des questions techniques, qu’en conseils plus personnels sur la façon de gérer son poste.

Et un conseil que je peux vous donner de mon côté aujourd’hui, c’est d’apprendre à poser des limites. Une limite, c’est ce qui vous permet de définir ce qui est acceptable pour vous, et ce qui ne l’est pas. Quand un élément qui outrepasse vos limites fait irruption dans votre vie, vous savez comment réagir et ne pas vous laisser envahir par la frustration. Sans limite, ce sont les autres qui vous imposent votre rythme de travail, vos interactions, vos priorités…

Les limites vont servent à réagir en cas de conflit avec vos valeurs. (pour définir vos valeurs, vous pouvez acquérir le cahier qui vous donne une méthode concrète pour les déterminer ici).

C’est pour cela qu’il est intéressant de faire cet exercice afin de se connaitre et de savoir où commencer pour définir ses limites.

Mais tout d’abord, il convient de se demander pourquoi vous n’arrivez pas à en poser aujourd’hui. Quelle est la peur qui se cache derrière le fait d’accepter cet épuisement, d’accepter cette charge de travail beaucoup trop forte ? Est-ce la peur de perdre la sécurité d’avoir un travail ? Est-ce la peur d’être seule ? Est-ce la peur du regard des autres ? La peur de décevoir ?
Il peut être intéressant, seule ou avec le recul d’une personne extérieure, de poser des mots sur les peurs dissimulées. Sans compréhension de la raison d’être de cette situation, pas d’avancée possible. Aussi, l’accompagnement individuel que je propose peut vous aider à poser ensemble ces mots.

Quand les peurs sont davantage déterminées, il faut apprendre à poser des limites claires. Pour ce faire, choisissez la personne avec qui vous souhaitez poser une limite, déterminer la circonstance qui va faire que vous posez une limite, et l’action mise en place quand la limite est outrepassée. Enfin, prévenez la personne de la limite mise en place, sinon elle ne comprendra pas votre soudain changement d’attitude !

Exemple : ma collègue passe son temps à critiquer les autres personnes de l’équipe en leur absence. Cela me met mal à l’aise. Je la préviens que si elle continue, je ne répondrai pas, et que si elle s’obstine, je quitterai la pièce.

Autre exemple : ma cheffe me donne une nouvelle tache « très urgente » à traiter alors que je suis déjà sous l’eau. Je la préviens que si elle souhaite que je réalise ce dossier d’abord, je ne ferai pas telle et telle tache qui étaient prévues sur ce laps de temps, et qu’elles seront réalisées seulement après, et bien sur mes horaires de bureau, pas à 20h…

La communication fait partie intégrante du processus. Si vous posez une limite soudainement mais uniquement dans votre coin, les personnes de votre entourage ne vont pas comprendre pourquoi subitement vous refusez de faire des choses que vous faisiez avec le sourire, même crispé. Il convient d’expliquer calmement que pour telle et telle raison, vous avez décidé de prendre de nouvelles mesures afin de reprendre le contrôle de votre poste, et que cela nécessite tel et tel ajustements. Si la personne veut votre bien, elle comprendra aisément. Sinon, tant pis ! Vous passez en priorité. Voulez vous vraiment passer le reste de votre carrière à vous oublier pour le bien des autres, qui de plus, peuvent très bien survivre sans vous ?

Enfin, allez-y pas à pas. N’espérez pas mettre en place des limites avec tout le monde et dans toutes les situations qui vous dérangent pour le moment, en deux jours. Chaque chose en son temps ! Le principal est de poser un pied après l’autre, et surtout de commencer à poser un pied. Testez avec une petite limite pour le début, puis accélérez le processus quand vous réalisez le bien que ça vous fait.

Vous avez autant le droit que les autres de poser des limites pour votre propre bien être. Personne n’y pensera à votre place. Et personne ne se dit sur son lit de mort qu’elle a bien fait de faire plaisir à tout le monde et de ne jamais penser à elle-même…

Si vous ne savez pas par où commencer, je le mentionnais dans cet article, je propose maintenant un accompagnement individuel, par téléphone, en créneaux d’une heure. Poser des limites sont une chose que je peux vous aider à mettre en place, aussi si le sujet vous questionne, n’hésitez pas à réserver votre créneau dans l’onglet « accompagnement individuel » !

Et si le sujet du jour vous intéresse, mais que vous souhaitez plutôt échanger avec des pairs, vous pouvez rejoindre les membres du Club de la Sororité RH, le réseau premium des femmes RH. Au sein d’un collectif de femmes bienveillantes et ouvertes, vous pourrez, avec les exercices et questions mensuels, avancer à votre rythme vers votre épanouissement et échanger en toute transparence avec les membres et moi-même. Toutes les infos ici ou dans l’onglet « Le Club ». 

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