Comment rester neutre dans ma posture de femme RH

Il arrive parfois (voire souvent, cela va dépendre de l’entreprise et du contexte…) qu’en tant que RH, nous soyons prises au milieu d’un conflit, d’une incompréhension, d’un manque de communication. Une phrase malheureuse, parfois même une simple expression du visage peut avoir des effets dévastateurs sur l’ambiance au sein d’un équipe ou entre deux personnes d’une entreprise, et créer une multitude de pensées telles que « cette personne ne m’aime pas » « je ne suis pas assez efficace » « je suis nulle » voire « suis-je assez bien, assez forte pour être RH ? ».

C’est bien souvent parce que nous prenons le problème dans le mauvais sens. Nous pensons que l’état émotionnel dans lequel nous nous trouvons est dû aux circonstances, à ce qui nous entoure. Or ce sont les pensées que nous avons à propos des circonstances qui sont à l’origine de nos émotions.

Exemple : une salariée est très énervée contre vous car vous n’avez pas encore traité sa demande. Vous pensez que c’est sa colère qui provoque en vous culpabilité et embarras. Mais en réalité, vous n’êtes dans cet embarras qu’au moment où vous apprenez qu’elle est en colère, pas avant ! C’est donc les pensées que vous avez à propos de cette circonstance, et non sa colère qui vous met mal à l’aise. C’est le fait de penser par exemple « j’aurais du traiter ça plutôt » « je ne suis pas organisée » « je fais mal mon boulot », qui vous ont créé des émotions désagréables. Vous auriez pu penser tout autrement et ainsi ressentir d’autres émotions.

On ne peut pas contrôler les réactions des autres, mais uniquement ses pensées par rapport à ces actions. Alors ce qu’il peut être intéressant de faire, c’est apprendre à adopter des pensées qui vous conviennent mieux.

Il y a une autre notion que je trouve assez intéressante pour gérer au mieux ses relations aux autres, notamment professionnelles, ce sont les « drivers ». Il s’agit de messages, souvent reçus dans l’enfance, qui nous influencent dans nos comportements afin d’obtenir ou de conserver l’amour des autres. En intégrant progressivement ces messages, ils nous influencent dans nos actions et nos pensées.

Il en existe cinq et nous sommes dominées par deux ou trois principaux :

  • Sois parfait
  • Sois fort
  • Dépêche-toi
  • Fais des efforts
  • Fais plaisir

Si je prends mon propre exemple, mes drivers principaux je pense, sont « fais plaisir », « fais des efforts » et « dépêche toi ».

Je suis depuis toujours orientée vers l’aide aux autres, et ne constate ma propre utilité que dans ce que je peux apporter aux gens qui m’entourent. Résultat, quand je ne suis pas directement utile ou en connexion avec quelqu’un, je me sens abandonnée. Quand j’étais RH salariée, je vivais dans ce que je pouvais apporter et le choix de ce métier était évident, car qui de plus utile dans une entreprise que la RH ? C’est littéralement la personne « là pour ça », en tout cas dans l’imaginaire collectif. La personne ressource, qui rend service, qui est présente, à l’écoute. Mais s’enfermer dans ce rôle, c’est prendre le risque de s’oublier, de ne pas voir les signaux qui arrivent, tels qu’une charge de travail trop importante, un déni de ses propres valeurs, voire un burn out qui arrive à grands pas…

Pour « fais des efforts », j’ai été éduquée dans le respect de la valeur « travail » avant tout. Je viens d’un milieu qui pense que tout s’obtient par un dur labeur. La paresse est méprisée et le chômage moqué. Alors quand je me suis lancée dans ce projet entrepreneurial, il a fallu que je travaille un peu mon développement personnel. Mais tout peut changer. Quand mon père a du se reconvertir, il a réalisé que non, le chômage n’est pas la honte absolue, mais aussi un moment d’introspection, de recul avant de prendre de nouvelles décisions, plus en accord avec notre personnalité. Nous sommes souvent à la merci des injonctions que la société nous donne, alors je vous invite parfois, à essayer de voir les choses sous un autre angle que celui que vous avez toujours connu, c’est extrêmement enrichissant.

Et du côté de « dépêche-toi », c’est un driver qui m’a occasionné un certain stress et un désir absolu de maîtriser le temps. J’ai énormément de mal à relâcher la pression sans culpabiliser, et ne me sens jamais totalement reposée, car le boulot n’est jamais très loin…Je fais mille choses en même temps, ai du mal à me concentrer sur une seule tache, et dois mettre en place des dead lines et des stratagèmes pour tenir mes délais. L’empressement étant rarement bon conseiller, cela peut causer certains problèmes…

Ces exemples ne sont là que pour vous montrer comment les drivers peuvent influencer les pensées et décisions de votre vie, aussi je vous invite à vous questionner sur ceux qui sont présents en majorité dans la votre. Cela pourra vous aider à expliquer certaines de vos réactions. Et comprendre est nécessaire pour avancer.

Dans le fond, la question n’est pas « comment trouver la place parfaite pour être une RH neutre lors de conflits ». En tant qu’humaine, vous n’y arriverez pas car nous avons toutes un vécu, des émotions, des insécurités. Mais l’accepter, identifier ses pensées pour comprendre d’où viennent nos réactions et pouvoir les vivre sereinement me parait bien plus intéressant que chercher à se « modifier » pour son poste. Je le répète souvent mais ce n’est pas à la RH de se couler dans le moule qui a été créé pour sa profession, c’est à la RH d’utiliser ses valeurs et ses ressentis pour vivre au mieux sa fonction passionnante et complexe.

Alors peut être que vous ne serez pas toujours neutre. Parfois vous aurez envie de prendre position, d’être énervée, triste, fatiguée ou au contraire très joyeuse. C’est parfait. Vous avez le droit de ressentir et exprimer tout cela. Une RH n’est pas un robot à la disposition de son poste et son entreprise. Je pense de toute façon qu’une humaine ne peut pas être parfaitement neutre et impartiale. Vous serez parfois révoltée, insatisfaite, de mauvaise humeur, et ce n’est pas grave. A qui cela n’arrive t’il pas ? Et pourquoi le pardonne-t-on facilement au PDG, mais pas à la RH ? Pourquoi ai-je entendu si souvent « une RH ne fait pas ça » ? Serait-on une catégorie d’humaines différentes des autres ? Je revendique de pouvoir révéler qui je suis, mes aspirations et valeurs, même en tant que salariée. Il existe, dans le cas d’une inadéquation entre mes valeurs et la situation dans laquelle je me trouve, trois solutions : combattre, subir ou fuir. A vous de trouver la parade qui vous convient le mieux, et la période pendant laquelle elle sera acceptable pour votre psychisme.

Alors comment rester neutre dans sa posture de femme RH ?

  1. En intégrant que vous n’êtes pas responsable des pensées et actions des autres. Le principal n’est pas de réparer ce que vous pensez être abîmé chez l’autre, mais d’agir en fonction de vos propres valeurs. Ou alors vous aurez l’impression de remplir un tonneau percé, telle une Danaïde de la Grèce Antique…
  2. En réfléchissant à quels sont les drivers et injonctions qui sont présents dans votre vie, notamment professionnelle, mais pas que (vie professionnelle et personnelle sont intimement liées, vous n’êtes pas une personne différente au travail et à la maison !) pour comprendre et expliquer d’où viennent certaines de vos réactions instinctives, et ainsi travailler à modifier celles qui ne vous conviennent pas.
  3. En vous faisant accompagner. Il est normal de ne pas forcément savoir où commencer, et parfois, confier son ressenti à une personne extérieure peut aider à poser des mots et définir la direction à prendre. J’ouvre à partir de cette semaine un accompagnement individuel pour les femmes RH qui souhaitent que je les conseille sur leur situation professionnelle actuelle, un blocage, une question pour le moment sans réponse…sur les thématiques de leur posture dans leur poste en RH, dans leur entreprise, leurs rapports à leur hiérarchie, leurs collaborateurs, ou leurs collègues par exemple. L’idée n’est pas de vous proposer un coaching, mais de vous offrir un recul appréciable dans ce type de situation, et une connaissance de la psychologie des femmes RH que j’ai acquises depuis un an qu’existe la Sororité RH.

En pratique : je propose un tarif préférentiel pour les personnes qui sont membres du Club. Celles-ci retrouveront le lien pour prendre rendez vous avec moi dans notre serveur Discord dédié, et pour les femmes qui ne sont pas membres, je propose un tarif de 40 euros l’appel d’une heure environ, de façon très ponctuelle ou sur plusieurs séances, suivant la problématique rencontrée. Si vous vous posez la question de la pertinence de cet accompagnement, n’hésitez pas à me contacter à sororiterh@gmail.com. Et pour prendre rendez vous, c’est par ici :

Et si le sujet du jour vous intéresse, mais que vous souhaitez plutôt échanger avec des pairs, vous pouvez rejoindre les membres du Club de la Sororité RH, le réseau premium des femmes RH. Au sein d’un collectif de femmes bienveillantes et ouvertes, vous pourrez, avec les exercices et questions mensuels, avancer à votre rythme vers votre épanouissement et échanger en toute transparence avec les membres et moi-même. Toutes les infos ici ou dans l’onglet « Le Club ». 

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