5 choses que j’aimerais voir plus souvent en entreprise

Après avoir évoqué les cinq choses que j’en ai assez d’entendre dans les Ressources Humaines, j’ai envie d’évoquer aujourd’hui cinq idées qui à mon sens devraient être plus régulièrement mises en avant dans les entreprises, en tout cas dans la direction vers laquelle je pense qu’il serait profitable de tendre.

Communication et Transparence

Une des choses dont j’avais assez est la culture du secret, mais je vais ici plus loin que la plupart des conseils que l’on entend en la matière. Je vais peut être paraître assez radicale, mais je pense qu’une entreprise doit partager absolument toutes ses informations, à l’exception des données personnelles. Et je ne considère pas que les salaires font partie des données personnelles. Des entreprises comme Buffer ou Thermador ont d’ailleurs tenté l’expérience de communiquer sur tous les salaires de leurs collaborateurs, comme d’autres, et certaines vont encore plus loin, en proposant aux collaborateurs de fixer eux mêmes leur salaire, en échange du fait que ceux ci soient rendus publics, comme la start up Lucca.

Ce tabou du salaire, il est vraiment temps de le lever, de combattre notre culture judéo-chrétienne qui a fait de l’argent un tabou, de l’avarice un pêché capital, et de s’inspirer des pays qui vivent de manière beaucoup plus apaisée avec la notion de rémunération. Ne soyons pas hypocrites, le travail peut être un formidable moteur d’épanouissement mais il permet avant tout de payer les factures et de faire des projets.

Au delà du salaire, je considère qu’il est essentiel de communiquer régulièrement et en toute transparence sur les résultats de l’entreprise, sa santé, les nouveaux projets, les décisions récentes…j’ai déjà vu des salariés apprendre la vente de leur entreprise dans les journaux, ou découvrir un événement important une fois celui ci passé, sans qu’ils n’aient été conviés, et c’est inadmissible. Aucune entreprise ne peut considérer ses collaborateurs comme de simples témoins de l’évolution de leur société.L’entreprise c’est eux, ils ont donc le droit de savoir ce qui se passe chez eux.

Et même au quotidien dans le management, il est temps d’instaurer une vraie communication. Tant de soucis sont liées à un manque de transparence ! Comme dans la vie privée, la communication permet très souvent de résoudre un conflit. Les même conseils peuvent être appliqués en entreprise.

Humilité

Le manque de communication est souvent lié malheureusement à un combat de l’ego et comme également évoqué dans l’article “5 choses que j’en ai marre d’entendre en RH”, à une volonté de rétention des informations pour en tirer un pouvoir.

Une entreprise c’est une équipe qui avance vers un but commun. Le fait de retenir des informations, de faire du chantage, de les monnayer, entre totalement en contradiction avec le fait d’être unis pour pousser l’organisation vers le haut. Il est primordial de faire un peu plus passer le groupe avant soi, sans bien sur s’écraser pour le moindre sujet, mais si déjà les managers apprennent à reconnaître que nul n’est indispensable, c’est le groupe qui l’est, on aura avancé.

Les meilleurs leaders se reconnaissent à leur humilité. En effet, c’est cette humilité qui permet d’apprendre, de se remettre en question, de ne pas s’obstiner quand on est persuadé d’avoir raison, d’accepter les critiques et de responsabiliser ses collaborateurs. C’est en effet un problème récurrent des managers qui ont tendance à infantiliser leurs équipes en pensant qu’ils ne s’en sortiront pas tous seuls. Pourtant ce sont tous des adultes. En les traitant comme des adultes, on obtiendra qu’ils se comportent comme tel.

Et pour chacun, même les non managers, il est important d’accepter l’incertitude, de reconnaître ses erreurs et toujours, de communiquer. Communication et humilité me paraissent une bonne recette pour un management sain.

Reconnaissance

Dans les enquêtes que j’ai pu mener, dans mon activité de RH ou en dehors, les collaborateurs parlent souvent d’une chose : le manque de reconnaissance de leurs supérieurs. Dans bien des cas, ils se sentent non reconnus pour leurs compétences et même interchangeables. Des personnes m’ont déjà dit penser avoir été embauché “parce qu’il ne restait plus que moi”. Je trouve ça effrayant quand on parle de personnes ayant une carrière, une personnalité propre, des atouts mobilisables pour faire grandir l’entreprise.

La reconnaissance peut et doit permettre à chaque salarié de prendre conscience de sa valeur pour être en accord avec son rôle dans l’organisation et donner le meilleur de lui même dans son travail, tout en étant bien au fait de son importance capitale pour le bon fonctionnement de celle-ci. Trop de salariés ont l’impression d’être des pions et trop de patrons ont prononcé le fameux “si tu n’es pas satisfait, tu sais où est la porte, y en a 10 qui attendent derrière !” Ce n’est pas (plus?) vrai. Aujourd’hui quasiment tous les secteurs d’activité ont de réelles difficultés de recrutement et il est temps de le reconnaître. #humilité.

Mais j’aime aller plus loin que la simple démonstration de reconnaissance à base “c’est bien, tu as bien travaillé” du manager. Pour moi, ça démontre un manque d’humilité et de communication. Si une entreprise communique parfaitement sur tous les aspects de son actualité, un collaborateur sait à quoi il a contribué et de fait, connait sa valeur dans le projet qu’il a contribué à réussir. De plus, le fait de réaliser une reconnaissance “descendante” met en place pour moi un système de hiérarchie qui ne me plait guère, et un rôle de presque parent-enfant avec un élève qui amène son carnet de notes à son papa le dimanche soir. Je pense que nous pouvons aller plus loin et laisser tomber le management tel qu’on le voit beaucoup actuellement, faire en sorte que les managers soient des leaders et des coachs, et pas des chefs ou des profs. En outre, eux aussi ont besoin de reconnaissance. Au lieu de fonctionner en pyramide, pourquoi ne pas essayer un système de boucle vertueuse où chacun, de l’ouvrier au P-DG, connait son rôle et sa contribution, aussi importante pour l’un que pour l’autre, à la croissance de son entreprise?

Inclusion

A la lumière des dernières actualités débattant autour de la place des femmes portant le hijab, j’ai remarqué que je n’avais jamais eu l’occasion de travailler avec l’une d’elles. Des recherches m’ont montré qu’il était extrêmement difficile en France de trouver un emploi pour cette catégorie de personnes, et que peu de gens s’en émeuvent me choque. La France étant un pays tout de même avec une culture assez islamophobe, je n’irai pas jusqu’à dire que cela m’a étonnée. Ayant travaillé un peu en recrutement, j’avais bien souvent des critères illégaux à respecter, celui que j’ai eu le plus souvent étant celui de l’âge, mais j’ai aussi eu des demandes racistes, ou sexistes. Et que dire des personnes transgenre, ou non binaires, dont on entend quasiment jamais parler?

L’entreprise, comme la France, laisse peu de place à la diversité et à l’inclusion. Au lieu de l’attendre, prenons les devants et essayons en tant que RH et recruteurs d’ouvrir les portes de l’organisation à tout le monde et de passer au dessus de nos biais cognitifs qui nous encouragent à aller vers ceux qui nous ressemblent. L’expérience a montré que les entreprises constituées de collaborateurs issus de cultures différentes par exemple, permettait une meilleure compréhension des enjeux mondiaux, et de s’enrichir de chacun et chacune. Ne tombons pas dans les pièges de la peur de l’inconnu, c’est aussi cela le courage que demande l’entreprise.

Sororité

Je ne pouvais pas finir cet article sans parler de la notion de sororité qui guide le projet que je mène. Combien de fois les femmes, déjà brimées dans les entreprises, se sont descendues entre elles au lieu de s’entraider? Je l’ai vu encore il y a peu avec la polémique Julie Graziani. Cette femme a énoncé des opinions que beaucoup (moi incluse) ne partagent pas, mais était ce nécessaire de l’insulter pour autant? D’autant que le web permet souvent de se sentir inaccessible et encourage aux paroles que l’on regretterait bien vite si elles étaient prononcées dans un autre cadre.

En ces temps encore assez compliqués pour les femmes au travail, s’entraider est une façon très pertinente de faire avancer le débat et améliorer certaines choses.

Cet article de Glamour est très inspirant sur le sujet, évoquant des idées comme se constituer un réseau d’entraide féminine, à l’image des réseaux féminins qui fleurissent (comme la Sororité RH !), combattre la misogynie en entreprise, pas que pour soi, mais aussi du même coup pour toutes, obtenir plus d’inclusion et donner leur chance à des femmes et des personnes différentes mais riches de compétences et d’enseignements, et pourquoi pas améliorer les choses en ce qui concerne les inégalités salariales? En communiquant ensemble sur les salaires de chacune, on est plus fortes pour demander justification et équilibrage sur les questions financières.

En clair, les entreprises actuelles en France manquent encore d’entraide et de partage, que ce soit d’informations, d’expériences, de valeurs. Arrêtons de voir l’entreprise uniquement sous un prisme capitaliste comme machine à croissance, mais plutôt comme d’un lieu de vie où les collaborateurs passent tout de même un tiers de leurs heures quotidiennes, et construire ensemble un monde qui sera un peu meilleur.

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