Jeunes générations : le choc du siècle?

Je suis née en 1993, et donc issue de la génération “Y”, qu’on appelle aussi parfois génération WHY. Génération pourquoi, donc. Ça me convient plutôt bien, je suis toujours en train de me poser des questions sur tout et n’importe quoi. Quelqu’un qui voudrait connaitre tout de moi n’aurait qu’à avoir accès à mon historique Google.

Alors, en bon Y je me suis demandée pourquoi on nous appelait la génération pourquoi. Et pourquoi cette génération fascinait tant.

Il se trouve qu’historiquement, les personnes ayant à peu près mon âge (entre 20 et 30 ans, plus ou moins), nous avons été, en ce qui concerne le travail, bercés par la conviction de nos parents que si nous faisions de longues études et que nous travaillions bien à l’école, nous aurions une vie merveilleuse, un travail bien payé, épanouissant et nous serions reconnus pour nos extraordinaires compétences.

Malheureusement, à la fin de nos études, nous nous sommes vite rendus compte que nous étions en pleine crise, que du travail, il n’y en avait pas tant que ça, et que surtout, nous n’aurions pas tant la possibilité de choisir, du moins en apparence. Les stratégies qu’avaient déployées nos parents pour trouver un travail rapidement ne marchaient soudainement plus. Encore moins pour eux d’ailleurs, qui ont atteint la cinquantaine et donc dépassé la date de péremption dans le milieu de l’entreprise.

On nous avait dit qu’il suffisait de traverser la rue, d’avoir du courage, de se rendre dans les agences d’interim et de dire “je suis disponible et motivé” et hop, un CDI allait se décrocher en quelques semaines, et comme nos parents, nous pourrions dire fièrement à nos enfants “moi, je n’ai jamais été au chômage !”.

Nous aussi, nous espérions ne jamais l’être, au chômage. Mais de refus en refus, parfois obligés de retourner chez papa-maman pour obtenir un stage ou un service civique, on se dit “pourquoi?”

Pourquoi ce qu’on m’avait appris il y a quelques années ne s’applique pas dans la réalité que je connais? Pourquoi à la fin de mon master, on m’a dit qu’il fallait que j’obtienne impérativement le statut cadre, moi qui ait dirigé des services avec un statut d’employé rémunéré dans la grille au niveau bac+2?

Voilà pourquoi : le monde a changé. Ce qui était valable pour les générations précédentes ne l’est plus. Pour les X aussi c’est difficile, débarqués de l’entreprise dans laquelle ils venaient de passer 20 ans, qu’ils considéraient comme leur deuxième maison et en qui ils avaient toute confiance. A 45 ans, retour à la case pôle emploi et un gros ras le bol du système qui ne voit plus en eux que des coûts et un manque de dynamisme.

Chaque génération se construit sur les déceptions qu’elle a vécu dans son histoire.

Alors il parait que la génération Y, c’est la “génération sacrifiée”, celle à cheval entre les époques, celle qui fait tout basculer. Car aujourd’hui, blasés de voir quelles difficultés nous sont opposées dans le monde du travail, nous n’avons pas choisi de nous résigner et d’accepter le premier boulot qui se présente en priant tout bas de ne pas se faire virer trop rapidement.

Nous avons plutôt pris le problème de l’autre côté, et la génération Z encore davantage. Les jeunes sont aujourd’hui plus que jamais tournés vers le sens, l’entrepreneuriat, le digital, le télétravail, et souhaitent avant tout avoir un job en accord avec leurs valeurs personnels. Plus question pour un écolo de bosser pour Total ou un anti-capitaliste pour LVMH, même pour un salaire conséquent.

J’ai ici parlé de manière assez tranchée des générations, mais cette classification par générations me parait aussi fiable que celle par signe astrologique : elle peut certes donner une tendance, mais n’est pas tranchée à un jour près…Je suis née à la fin de la génération Y. Ma sœur est née en 1995, elle est donc de la génération Z et nous rechercherions des choses différentes dans notre travail? Ce n’est pas l’impression que j’en ai… Et même en comparant avec les aspirations de mes parents, qui ont bien évolué avec le temps, je ne trouve pas nos façons de penser si différentes, dans le fond.

Bien sûr, les générations précédentes aussi voulaient du sens ! Que nous en fassions une priorité aujourd’hui ne veut pas dire que les baby boomers et les X sont de bons petits moutons. Ils ont simplement une histoire différente et donc des réactions, différentes. Aux baby boomers, on a dit que la consommation leur rendraient heureux, aux X, qu’à 50 ans, s’ils n’avaient pas de Rolex, ils auraient raté leur vie. Aujourd’hui, on dit davantage que notre planète est en train asphyxier et que les riches et les puissants écrasent la population toute entière, mais qu’ensemble, nous pouvons y faire quelque chose. On paraîtra peut être plus négatifs, mais je ne comprends pas ce cliché comme quoi nous serions égocentriques, alors que les combats aujourd’hui sont tournés vers les autres en priorité.

En entreprise aussi, c’est devenu compliqué. Quatre générations à parfois gérer en même temps ! Ils sont si différents, comment les faire travailler en harmonie sans entendre à longueur de temps que ce manager X est borné et ne communique jamais, ou que cet ouvrier Z refuse l’autorité et veut toujours tout savoir?

Le management est un exercice extrêmement ardu. Il se complexifie de plus en plus car nous vivons une époque de grande accélération sur tout un tas de problématiques, également en ressources humaines : les carrières sont de plus en plus longues et nécessitent donc de manager des personnes nées depuis la des années 50…jusqu’à 2000 pour les plus jeunes ! Comment faire coopérer des gens qui ont vécu des choses si différentes?

Beaucoup de futurs métiers ne sont même pas encore créés, nous exercerons plus tard des professions que nous ne pouvons même pas imaginer seulement. Les plus jeunes changeront 4,5 fois ou plus, de métier, et probablement encore davantage d’entreprise. Alors comment les faire coopérer avec les baby boomers qui cumulent parfois plus de trente ans de connaissances de l’organisation?

Ce sont des questions qui se posent de plus en plus régulièrement et que j’entends beaucoup évoquer dans les conversations qui portent sur le travail. Les parents ont de plus en plus mal à comprendre comment leurs enfants voient leur vie professionnelle, qui eux même se reconnaissent de moins en moins dans les schémas traditionnels. Pourtant, il existe des stratégies pour tirer le meilleur de chaque génération et faire évoluer tout le monde de manière concerté et efficace, sans broyer les spécificités de chacun.

Je ne vous en dirai pas plus aujourd’hui car avec Yoann Greffier du cabinet Exergue Conseil, nous donnons une conférence sur le sujet le 21 Novembre prochain, à Rennes, intitulée “Management intergénérationnel, la cohabitation impossible ?”

Toutes les infos se trouvent sous ce lien : https://www.eventbrite.fr/e/billets-enjeux-comrh-n2-management-intergenerationnel-la-cohabitation-impossible-78935511239

J’invite les Rennais à nous rejoindre pour évoquer ce sujet ensemble et parler ensemble des solutions à ce thème primordial à notre époque. Nous proposerons également ensuite l’atelier en webinaire, pour les personne qui ne sont pas de la région.

En attendant notre rencontre physique ou virtuelle, que pensez vous de ce sujet? Avez vous des anecdotes et autres faits intéressants à relater?

Sources : https://business.lesechos.fr/directions-ressources-humaines/ressources-humaines/gestion-de-carriere/0601971750069-travail-comment-reussir-a-manager-4-generations-332205.php

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