Syndrome de l’imposteur en entreprise : le combattre pour grandir

J’ai connu, dans l’exercice des mes fonctions de Responsable RH, plusieurs personnes, et particulièrement des jeunes femmes, qui avaient de multiples qualités, et de nombreuses compétences. Dans des domaines techniques, qui nécessitent de l’intelligence, de la volonté, de la précision, de l’organisation, elles faisaient aussi preuve d’une certaine résistance dans des milieux “masculins” que j’ai beaucoup fréquentés professionnellement.

Et au delà de ces difficultés, elles restaient avenantes, sympathiques, accueillantes. Certaines parlaient un anglais impeccable, d’autres avaient dirigé des équipes ou étudié des sujets complexes.

Et pourtant, elles n’avaient aucune confiance en leurs capacités. Quand j’ai eu l’occasion de discuter à cœur ouvert avec elles, elles ne comprenaient pas pourquoi on leur faisait confiance, elles étaient persuadées d’être à leur poste parce qu’”il n’y avait plus [qu’elle] de disponible”. Comment peut on penser autant de mal de soi même?

Comment peut on penser, après trois, six, quinze ans de maison, avoir exercé de nombreuses fonctions, avoir remplacé la moitié de l’entreprise, parfois l’avoir vue renaître, changer de direction, que nous soyons là par hasard?

Personne n’est là “par hasard”, par chance, parce que la porte était ouverte et que nul n’a découvert la supercherie de leur incompétence jusque là.

J’ai trop vu de gens qui subissaient ce syndrome de l’imposteur, ce syndrome qui laisse penser que bientôt, les autres vont se rendre compte de notre incompétence et que nous avons de la chance d’avoir ce travail.

 Si quelqu’un n’est pas à sa place, c’est parce que lui même ne le souhaite pas, et qu’il ou elle est mal dans son poste. A ce moment, soit il/elle accepte cette situation, pour de multiples raisons qui lui appartiennent, et il n’y a aucun jugement dans ces propos, soit cette personne s’en va vers d’autres horizons qui lui offriront une plus grande confiance en ces capacités.

Je comprends particulièrement ces problématiques car je souffre également de ce syndrome depuis le début de mon aventure entrepreneuriale (et même avant). Les concerné.e.s se reconnaîtront : un jour on se pense invincible et on abat des montagnes, et le lendemain on a envie de se terrer dans le fond de son lit pour une phrase mal interprétée ou un contenu qui n’a eu aucune visibilité.

Mais ce qui m’anime dans ce projet, c’est d’avoir vu ces personnes passer à côté de leur potentiel, hésiter à accepter une promotion par peur de l’échec, renoncer à postuler à une offre d’emploi par peur du refus. C’est de me dire que je peux faire quelque chose contre ça, et qu’en plus, c’est bon pour tous car aussi bon pour l’entreprise.

Une entreprise qui compte des salariés fiers de leur travail, volontaires pour de nouvelles missions, au courant de leurs capacités, de leurs qualités et de leurs faiblesses, n’apporte que de bonnes choses, en terme de climat social bien sur, mais aussi financièrement !

Je prends l’exemple d’une équipe de commerciaux : si certains d’entre eux sont persuadés de vendre mal, de ne pas savoir s’y prendre, de ne pas se sentir soutenus dans leur travail, ils ne vendront plus rien, c’est un fait. Et comment l’équipe de production est-elle censée aider l’entreprise à se développer si l’équipe commerciale n’est plus en mesure de ramener de nouveaux projets? Ils vont continuer certes à maintenir le bateau à flot en utilisant leur réseau déjà existant, mais l’entreprise aura bien des difficultés à faire face à l’avenir.

Le rôle du manager, du RH, du dirigeant aujourd’hui,est d’accompagner ces personnes vers plus de confiance, plus de reconnaissance, plus de sentiment de légitimité. C’est notre rôle d’aider ces potentiels à se libérer, pour leur bien d’abord, et pour le bien de l’entreprise ensuite. Car les aider, c’est aider tout le monde.

Les aider, ce n’est pas dépenser de l’énergie, ou de l’argent pour quelque chose d’inutile. Au contraire, c’est le début de tout. Un personnel persuadé de sa propre incompétence fera toujours le minimum pour ne pas être trop remarqué, mais pour ne pas être réprimandé non plus. Juste ce qu’il faut pour se faire oublier, se fondre dans le décor, être tranquille. Malheureusement une société ne peut pas grandir si les membres qui la composent font le minimum.

C’est notre devoir mais les autres ne nous devront rien. A aucun moment, il ne faudra attendre des autres qu’ils nous soient reconnaissants de les avoir aidé à se révéler. A en attendre un prix, le travail effectué ne vaut plus rien.

Il faut donc être dans un état d’esprit suffisamment ouvert pour pouvoir aider ses personnels non pas pour se valoriser soi même, mais pour servir l’autre et son organisation.

Aujourd’hui, Mesdames et Messieurs les RH, Mesdames et Messieurs les Dirigeants, nous pouvons agir ensemble contre ce syndrome nocif qui empêche les potentiels d’être valorisés et permettre aux autres d’être inspirés et révélés à leur tour. Qu’attendons-nous?

Et vous, vous l’avez déjà ressenti ce syndrome? Ou connaissez vous quelqu’un qui en souffre?

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